Je finis en ce moment les dernières retouches pour mon expo. Je mettrai bientôt de nouvelles BD en ligne. Je ne l’ai pas fait ces derniers temps pour deux raisons, la première, bien évidente
étant de garder quelques surprises pour l’expo, la seconde plus pratique est la conséquence de ma façon de travailler sur ces planches où j’ai fait tous les crayonnés, puis l’encrage, puis la
couleur, alors que d’habitude j’ai plutôt tendance à faire une planche de A à Z, puis de passer à une autre.
La période d’encrage a été un véritable cauchemar, dans la mesure où je déteste ça. Pour moi l’encrage est ce moment magique où un beau dessin au crayon devient une daube à l’encre. Mais bon, dans l’ensemble, je suis plutôt content du résultat final.
Il y aura bien sur des dessins anciens que j’aime bien et qui ont assez bien vieilli à mon goût, et bien sur des nouveautés. Je ne suis pas fâché de voir la fin de ces
préparations, qui ont été longues et pleine de doutes.
Il y aura quelques planches de Bastion, une série heroic-fantasy qui me trotte dans la tête depuis un moment. Ce qui est assez curieux, dans la mesure ou je n’aime pas trop
ce style de BD et que j’en lis très peu. Histoire déjà présentée ici
Dans cette série qui se veut surtout parodique, mes références sont surtout les jeux vidéos, une référence que j’avais l’intention de développer plus ouvertement dans
« La guilde des nolife », qui raconte l’histoire de trois potes et de leurs aventures pas très épiques sur un jeu de rôle en ligne. Mais finalement, je me suis rendu compte que ce genre
de BD foisonnait sur Internet, même si ce sont souvent des very private jokes, et surtout, avoir arrêté d’y jouer m’a un peu éloigné de ce projet.
Enfin, histoire de voir les réactions, une illustration de « Toxic », un projet que j’aime bien, qui raconte l’histoire d’un insomniaque un peu décalé, qui vit dans
un zapping incohérent d’idées et de principes, et qu’un étrange téléphone portable va entraîner dans une spirale meurtrière.
Derrière le perso, la célèbre "loi de Murphy" qu'il va subir durant toute l'histoire alors qu'il réussi la démonstration de sa totale subjectivité.
Johnny Hallyday, le célèbre rocker californien vient de sortir un album de blues, (toute la musique qu’il
aime vient de là, je ne vous apprends rien.)
Stupeflip est le projet d’un gars, Julien Barthélemy alias King-Ju. Epaulé par Cadillac et MC Salo, Stupeflip devient un trio d’une dizaine de types !!! Chacun des 3 cons campe plusieurs
personnages : Stup, Flip, King Ju, Rascar Kapac, Pop-Hip, Mc Salo, Cadillac, le vieux, Steff, le patron de la menuiserie, Reverb-man. Autant de personnages que de styles de musique. Si Stupeflip
est un groupe fourre-tout très diversifié musicalement, son dénominateur commun est un mélange de bashage bête et méchant et de facilité feinte.
Si la première écoute peut laisser perplexe,
connaître le groupe c’est découvrir derrière les masques et l’agression une sincère détresse, un j’m’enfoutisme honnête débarrassé de tout complexe, et une attitude fidèle à leur musique et à ce
qu’elle doit véhiculer.
Incontrôlables sur les plateaux télés, refusant obstinément les règles établies, détestant les prestations live, stupeflip peut se
montrer bien plus revêche et misanthrope que la totalité de ses fans réunis. Finalement assez touchants, Stupeflip est le reflet d’une génération sans repères, qui subit le monde du travail, la
pauvreté audiovisuelle, et qui souffrent de n’avoir aucune solution à proposer, restant le plus souvent au stade du constat. Ni moralisateur, ni révolutionnaire, le groupe propose une vision de
la vie romancée au travers du « Crou » et de son monde imaginaire désespérément identique au notre.
A l'heure actuelle, ils ont fait 2 albums et risquent de s'en tenir là, puisque sérieusement brouillés avec
BMG, leur maison de disque qui en avait marre de gérer ce groupe ingérable...
A découvrir.
Le site officiel avec pleins de trucs à écouter:
http://www.stupeflip.com/
Le myspace de King-Ju :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=133601210
King ju fait également un featuring sur « Torture », dans l’album « mémoire de singe » de Lofofora sorti récemment, dont il a conçu la pochette.
Je viens de
retrouver le brouillon de ce texte que j'avais posté sur un forum pour rigoler. Le docteur podium était le courier du coeur du magazine podium. Un truc que lisait ma frangine quand on était ados.
J'adorais le courier du coeur qui était souvent un déchirant cri de SOS relatif à une asymétrie testiculaire un problème de pilosité ou de contraception et où tous les noms étaient remplacés par
des lettres. La missive se terminait généralement par un déchirant appelle au secours, et la réponse était bien souvent d'une banalité désarmante.
Cher docteur podium.
Je m'appelle heu...disons Sophie? Je sors avec X depuis trois mois et j'ai toujours un sein un peu plus gros que l'autre. Du coup je
n'ose pas me mettre en maillot de bain à la piscine. j'ai appris depuis peu que X sortait également avec Y, une fille de ma classe que je deteste et qui porte un apareil dentaire. Y sort avec Z,
un garçon du collège dont je suis secretement amoureuse. d'où ma question: est ce que c'est dangereux de nager en Anorak? Répondez moi docteur podium, vous êtes mon dernier
éspoir.
Chere Sophie.
Je n'ai jamais été très fort en algèbre, mais il semblerait que vous soyez au prise avec une équation à trois inconnus, ce qui est coton mais pas insoluble. La solution à votre
problème est probablement située quelquepart sur une courbe parabolique (voir fig.1) et je ne vois pas trop le rapport avec les anoraks.
Et on voit bien si on y
réfléchit un peu toute la distance, le monde qu’il existe entre la télé et la réalité. Qu’y a t’il de réel dans ces émissions ultra scryptées où tout est planifié, scénarisé, mis en scène, contrôlé
? Si la télé est réellement le reflet de la réalité, avouez que c’est inquiétant. Ce qu’il y’a de réel, ce sont les participants, censés venir de la plèbe, des vierges médiatiques qui ne rêvent
pourtant que de s’arracher à cette réalité.
Ministry vient de sortir son
dernier album. Le dernier en date, et certainement le dernier tout court comme ils l’avaient annoncé avant même de l’enregistrer. The last sucker, un titre qui en dit long sera donc l’ultime pavé
lancé à la face de Bush.
Il faut dire que la famille Bush aura été une cible privilégiée pour le groupe qui déjà en 92 reprenait en boucle le sample de Bush père parlant du « new world order » sur l’album psalm 69. le groupe est passé par une longue phase de recherche musicale et d’experimentation avant le retour d’un Bush au pouvoir. Ministry qui s’embourbait alors dans des problèmes de management et de maison de disque, vécu la présence de W au pouvoir comme une agression qui se traduisit par un triptyque musical marquant un retour aux sources, brutal et rageur.
Tirant à boulets rouges sur Bush et son équipe, Al Jourgensen avait annoncé qu’il se retirerait de la scène metal après le départ du président. Un départ qui semble désormais inéluctable.
Pourtant, beaucoup s’accordent à dire que Bush était un président fantoche, qui a servi de vitrine à l’amorce d’une future politique mondiale plus hardcore, et qu’il
a servi de brise glace à des dirigeants à venir bien pire encore. Un avenir qu’il faudra donc envisager de traverser sans la salutaire colère musicale de Ministry, (un groupe dont j’ai déjà vanté
les mérites ici.)
The last sucker reste dans la même ligne musicale que « house of the molé » et «Rio grande blood ». Une prod bien lourde, des morceaux frénétiques vraiment intenses réservés à un public endurant. Un joli baroud d’honneur, un dernier round aux allures de chant du cygne, d’où ne ressort ni aigreur ni dépit. Une sortie assumée par la grande porte, au sommet de leur savoir-faire.
Voilà un groupe qui va vraiment me manquer. Rendez-vous dans la fosse pour ce qui risque bien d’être la dernière tournée.
Daria est une série très spéciale, qui n’a jamais déchaîné les passions, et pour cause, le dessin est plutôt repoussant, et le rythme très inhabituel pour un dessin animé. Pourtant j’ai toujours défendu ce joyau discret qui a servi de bouche-trous en France quand il n’y avait pas de Simpson à diffuser. Un malentendu dans la mesure ou la série n’a pas pour vocation première de faire rire, même si l’humour y est souvent présent. L’univers de Daria est foncièrement triste, et si l’on rit c’est souvent jaune.
La série est une satire très virulente de la société américaine, et montre comment l’intelligence devient peu à peu hors norme. Daria est en quelque sorte le pendant féminin d’Alceste, le misanthrope de Molière. Elle est dans l’incapacité totale d’être hypocrite, et tente de vivre en accords avec des principes ultra rigides. Une attitude qui la coupe de tout son entourage, et ne lui rend pas la vie facile.
Malgré son graphisme peu avenant, la série durera tout de même 5 saisons et 2 long-métrages.
Au début de la
série, Daria emménage à Lawndale, petite bourgade américaine. (Elle vient tout droit de la série Beavis and Butthead où elle tenait un petit rôle.) Bien heureusement pour
elle, elle fait la connaissance de Jane Lane, une lycéenne marginale qui va devenir sa seule et unique amie, et l’aider à ne pas totalement se couper du monde.
Le lycée :
Il tient une grande place dans la série, il est tenu d’une main de fer par Angela Li, une femme préoccupée essentiellement
par la renommée de son établissement, et le flicage des élèves par d’improbables moyens high-tech.
Dans l’équipe d’enseignants, on trouve Mr O’Neill, le professeur de lettres maladroit et naïf, sur qui Mrs Barch, la prof
de science divorcée et feministe intégriste a jeté son dévolu. Mr Demartino, le prof d’histoire ulcéré par la stupidité de ses élèves et dont l’œil menace d’exploser sous la pression constante
qu’il subit, une prof de sport dont l’enseignement se limite aux mouvements de pompom-girls, tout cela serait presque supportable s’il n’y avait les élèves…et ceux de Lawndale sont
gratinés.
Kevin Thompson, le quaterback de l’équipe de foot de l’école a grâce à ses talents sportifs, une multitude de passe-droits.
Une injustice scolaire que la série mettra souvent au pilori. Il sort avec Brittany Taylor, la capitaine des pompom-girls, un couple aux valeurs totalement superficielles, peu fidèle, mais qui
reste un des ressorts comiques le plus efficace de la série.
Chuk Ruttheimer, un garçon aussi scabreux que laid, qui ne décourage jamais de trouver l’âme sœur malgré des méthodes de
drague au bulldozer. Le club de mode, un groupe de 4 filles aux critères superficiels et dictatoriaux, courtisées par Joey Jeffrey et Jimmy, 3 beaux gosses sans rien dans le citron. Enfin, Mike
Mackenzie et Jodie Landon, deux afro-américains qui relèvent un peu le niveau, consensus politiquement correct un peu étrange de la série.
La famille :
Comme si la vie n’était pas assez dure, Daria a une sœur, Quinn, la vice-présidente du club de mode évoqué plus haut et sur lequel on ne
peut faire autrement que revenir un peu plus tard.
Helene la mère, une avocate carriériste mais tout de même attentive a son foyer, enfin parfois… Et Jack, le père, un
névrosé plutôt mou et systématiquement à coté de la plaque.
Les Amis :
Les amis de Daria ne sont pas nombreux, il y’a Mike et Jodie dont elle apprécie l’intelligence, et Jane, avec qui elle aime partager du
temps entre la pizzeria et « triste monde tragique » une sorte de freak show télévisé qui semble se limiter à des bandes annonces.
Et puis…il y’a Trent, le frère de Jane, musicien dans le groupe Spirale Mystique (mais ils vont changer le nom), pour qui elle a un béguin irrépressible.
Plus tard viendra Tom Sloane, petit ami de Jane puis de Daria qui va mettre un peu de chaos dans la routine des deux amis
et définitivement tourner la page Trent Lane.
Le Club de mode
Monstruosité absolue, il laisse souvent le spectateur entre le rire et l’horreur, présidé par Sandy, la dirigiste fieleuse et foncièrement
méchante, secondée par Quinn, une fille intelligente qui gâche toutes ses possibilités dans des futilités désarmantes, Tiffany l’anxieuse et Stacey la végétale; elles vouent un culte acharné aux
apparences. Il règne entre elles une ambiance d’affrontement tacite permanent.
Vous l’aurez compris, c’est dans la multitude de ses personnages que la série tire sa richesse mais aussi grâce à sa bande son, diffusée sur MTV, le générique est chanté par Splendora, mais le
reste de la musique est tiré de la pop de l’époque. Beaucoup de références à la culture populaire sont diffusées dans le générique de fin où les personnages de la série sont représentés en
personnalités connues, et souvent à contre emploi.
Ce qui donne finalement un tout assez homogène, qui survit assez bien à l’épreuve du temps dans la mesure ou les dérives
observées à l’époque sont toujours d’actualité, un système scolaire qui privilégie le piston ou les aptitudes sportives au détriment de l’intelligence. Un culte de la bêtise et de l’apparence, et
l’absence d’esprit critique. Les personnages prennent de plus en plus d’épaisseur à mesure que la série progresse, et on est vite captivé par cet univers où on s’empresse de rire de tout de peur
d’être obligé d’en pleurer.
La série n’est jamais sortie à la vente, mais je sais qu’une pétition circule pour demander une sortie francophone. Sinon,
on peut simplement voir les épisodes en français sur dailymotion.
Il existe aussi beaucoup de sites Internet consacrés à la série.
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