Daria est une série très spéciale, qui n’a jamais déchaîné les passions, et pour cause, le dessin est plutôt repoussant, et le rythme très inhabituel pour un dessin animé. Pourtant j’ai toujours défendu ce joyau discret qui a servi de bouche-trous en France quand il n’y avait pas de Simpson à diffuser. Un malentendu dans la mesure ou la série n’a pas pour vocation première de faire rire, même si l’humour y est souvent présent. L’univers de Daria est foncièrement triste, et si l’on rit c’est souvent jaune.
La série est une satire très virulente de la société américaine, et montre comment l’intelligence devient peu à peu hors norme. Daria est en quelque sorte le pendant féminin d’Alceste, le misanthrope de Molière. Elle est dans l’incapacité totale d’être hypocrite, et tente de vivre en accords avec des principes ultra rigides. Une attitude qui la coupe de tout son entourage, et ne lui rend pas la vie facile.
Malgré son graphisme peu avenant, la série durera tout de même 5 saisons et 2 long-métrages.
Au début de la
série, Daria emménage à Lawndale, petite bourgade américaine. (Elle vient tout droit de la série Beavis and Butthead où elle tenait un petit rôle.) Bien heureusement pour
elle, elle fait la connaissance de Jane Lane, une lycéenne marginale qui va devenir sa seule et unique amie, et l’aider à ne pas totalement se couper du monde.
Le lycée :
Il tient une grande place dans la série, il est tenu d’une main de fer par Angela Li, une femme préoccupée essentiellement
par la renommée de son établissement, et le flicage des élèves par d’improbables moyens high-tech.
Dans l’équipe d’enseignants, on trouve Mr O’Neill, le professeur de lettres maladroit et naïf, sur qui Mrs Barch, la prof
de science divorcée et feministe intégriste a jeté son dévolu. Mr Demartino, le prof d’histoire ulcéré par la stupidité de ses élèves et dont l’œil menace d’exploser sous la pression constante
qu’il subit, une prof de sport dont l’enseignement se limite aux mouvements de pompom-girls, tout cela serait presque supportable s’il n’y avait les élèves…et ceux de Lawndale sont
gratinés.
Kevin Thompson, le quaterback de l’équipe de foot de l’école a grâce à ses talents sportifs, une multitude de passe-droits.
Une injustice scolaire que la série mettra souvent au pilori. Il sort avec Brittany Taylor, la capitaine des pompom-girls, un couple aux valeurs totalement superficielles, peu fidèle, mais qui
reste un des ressorts comiques le plus efficace de la série.
Chuk Ruttheimer, un garçon aussi scabreux que laid, qui ne décourage jamais de trouver l’âme sœur malgré des méthodes de
drague au bulldozer. Le club de mode, un groupe de 4 filles aux critères superficiels et dictatoriaux, courtisées par Joey Jeffrey et Jimmy, 3 beaux gosses sans rien dans le citron. Enfin, Mike
Mackenzie et Jodie Landon, deux afro-américains qui relèvent un peu le niveau, consensus politiquement correct un peu étrange de la série.
La famille :
Comme si la vie n’était pas assez dure, Daria a une sœur, Quinn, la vice-présidente du club de mode évoqué plus haut et sur lequel on ne
peut faire autrement que revenir un peu plus tard.
Helene la mère, une avocate carriériste mais tout de même attentive a son foyer, enfin parfois… Et Jack, le père, un
névrosé plutôt mou et systématiquement à coté de la plaque.
Les Amis :
Les amis de Daria ne sont pas nombreux, il y’a Mike et Jodie dont elle apprécie l’intelligence, et Jane, avec qui elle aime partager du
temps entre la pizzeria et « triste monde tragique » une sorte de freak show télévisé qui semble se limiter à des bandes annonces.
Et puis…il y’a Trent, le frère de Jane, musicien dans le groupe Spirale Mystique (mais ils vont changer le nom), pour qui elle a un béguin irrépressible.
Plus tard viendra Tom Sloane, petit ami de Jane puis de Daria qui va mettre un peu de chaos dans la routine des deux amis
et définitivement tourner la page Trent Lane.
Le Club de mode
Monstruosité absolue, il laisse souvent le spectateur entre le rire et l’horreur, présidé par Sandy, la dirigiste fieleuse et foncièrement
méchante, secondée par Quinn, une fille intelligente qui gâche toutes ses possibilités dans des futilités désarmantes, Tiffany l’anxieuse et Stacey la végétale; elles vouent un culte acharné aux
apparences. Il règne entre elles une ambiance d’affrontement tacite permanent.
Vous l’aurez compris, c’est dans la multitude de ses personnages que la série tire sa richesse mais aussi grâce à sa bande son, diffusée sur MTV, le générique est chanté par Splendora, mais le
reste de la musique est tiré de la pop de l’époque. Beaucoup de références à la culture populaire sont diffusées dans le générique de fin où les personnages de la série sont représentés en
personnalités connues, et souvent à contre emploi.
Ce qui donne finalement un tout assez homogène, qui survit assez bien à l’épreuve du temps dans la mesure ou les dérives
observées à l’époque sont toujours d’actualité, un système scolaire qui privilégie le piston ou les aptitudes sportives au détriment de l’intelligence. Un culte de la bêtise et de l’apparence, et
l’absence d’esprit critique. Les personnages prennent de plus en plus d’épaisseur à mesure que la série progresse, et on est vite captivé par cet univers où on s’empresse de rire de tout de peur
d’être obligé d’en pleurer.
La série n’est jamais sortie à la vente, mais je sais qu’une pétition circule pour demander une sortie francophone. Sinon,
on peut simplement voir les épisodes en français sur dailymotion.
Il existe aussi beaucoup de sites Internet consacrés à la série.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||